Chronique cinéma

Publié le par Pierre H

Ces derniers temps je suis allé voir trois films. Le hasard a fait que je les ai découverts du moins bon au meilleur - et c'est dans cet ordre que je vais vous en faire la réclame.

Je le dis d'emblée : n'allez voir La graine et le mulet que si vous venez d'avaler une boîte d'anxiolitique et des cachets contre le mal de mer. N'ayant malheureusement pas pris ces sages précautions, je suis sorti de ce film à la fois exaspéré par un réalisme souvent vulgaire et rarement constructif, et l'estomac tout chaviré par le jeu de la caméra qui semble portée par un hyperactif souffrant d'Alzeimer, technique permettant de passer rapidement et indifféremment d'une dimension à l'autre de l'espace, en passant par un gros plan sur des dents pleines de couscous. Oui, je suis pour que le cinéma tourne souvent le dos à un style trop lisse. Oui, l'art doit aborder la vie dans ce qu'elle a de moins idéalisé. Oui, la vie des immigrés sur un port a sa richesse et sa poésie. Oui oui oui, mais là, non. Là, je dis non. Même les épaisses couches de bien-pensance téléramesque qui jonchent encore mon jugement esthétique n'y peuvent rien : ce film m'est insupportable.

It's a free world de Ken Loach, à même niveau de gauchisme assumé, tire cent fois mieux son épingle du jeu. Ken Loach ne considère pas que réaliser un story-board intelligent avant de tourner un film porte atteinte au message qu'il veut faire passer. Aussi son message passe bien. C'est fort, concis, efficace, juste ce qu'il faut. Ce ne sont pas des arrières gorges pleine de couscous que Ken Loach nous montre, mais les bas-fonds de la jungle économique. Angie est magnifiquement jouée, tour à tour victime et proxénète. La scène ou elle s'affranchit définitivement de toute morale est mémorable.

Enfin La visite de la fanfare atteint à ce que je préfère dans l'art : la poésie. Un petit orchestre égyptien un peu paumé échoue par erreur dans une ville israélienne perdue dans les sables, sorte de Désert des Tartares du XXIe siècle. Il y a là l'impalpable de Lost in translation,  les touffeurs de l'orient, des visages magnifiques, la vie qui palpite sous les notes et surtout le silence : car malgré le titre la musique n'est pas au premier plan. Plutôt l'atmosphère, les regards. Le silence. Le réalisateur a réussi a filmer l'inneffable. Poésie et enchantement ! Et on ne s'ennuie jamais. Et c'est souvent très, très drôle. Et c'est beau. Et...


Publié dans Spiritualité

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lewis 16/01/2008 18:40

Profite de ton temps libre : bientôt tu devras revendre tes RTT pour payer le caviar.

lewis 16/01/2008 18:40

Profite de ton temps libre : bientôt tu devras revendre tes RTT pour payer le caviar.

Lilian 15/01/2008 22:19

Pierre, plutot que de te fourvoyer dans les recommandations France-Culturelle, tu devrais aller voir l'ïle de Pavel Lounguine. Certes le début force un peu le trait, mais les chicots couleur charbon d'Anatoli remplacent bien le couscous. Esthétique quasi à l'excès.

Mlle Moi 15/01/2008 01:35

Et toi aussi, t'entends la mer dans ta tête?(bon, très bien, je rétrograde la graine et le mulet dans la liste des trucs à voir ce mois ci, qui est terriblement bien garnie, pour une fois...)

Martin-Lothar 14/01/2008 21:47

Et ?
Ça se termine par "Et..."
C'est un feuilleton ?