Dieu a sagement agi
en plaçant la naissance avant la mort ; sans cela, que saurait-on de la vie ?
Dieu a sagement agi
en plaçant la naissance avant la mort ; sans cela, que saurait-on de la vie ?
Il y a un blogueur qui m'a demandé une photo de mon bureau, le cuistre, et en plus il faut que mon ordinateur affiche mon blog préféré (of my uncle, of course).
Je ne vais pas me laisser faire comme ça. Il faut donc se creuser les méninges pour trouver la solution parmi les trois photos suivantes :
Réponse A
Réponse B
Réponce C
Le hasard me comble de voisines du dessus tellement pittoresques que je serais ingrat de ne pas vous en parler.
Ma première voisine du dessus était une voisine du dessous. Agée de vingt-trois ans, agrégée de philosophie, elle préparait un DEA sur la métaphysique allemande du XVIIe siècle. Leipniz et Kant étaient ses deux idoles. Qu'on se le dise, cette spécialité philosophique (dont la légèreté n'a d'égal que le kougelhof farci à la saucisse à tartiner) est un sujet peu propice à la musculation des zygomatiques et, habituée aux froides et hautes colonnades de la pensée kantienne, Hortense avait du mal à établir des contacts simples avec les humains embourbés dans les basses sphères du réel.
Etait-ce les nocturnes de Chopin que mes doigts sussuraient aux cordes du piano à la nuit tombée ? Etait-ce ma façon délicate de jeter à la poubelle les cinq kilos de publicités qui encombraient ma boîte à lettre lorsque je rentrais de vacances, excédé et transpirant ? Ou la sonnerie stridente qui me réveillait aux aurores vers 10h30 du matin pour aller travailler à ma thèse, et qu'elle devait forcément entendre, elle, moniale philosophe enchaînée depuis quatre heures du matin à la Raison Pure et à la Raison Dialectique ?
Je ne le saurai sans doute jamais.
Toujours est-il qu'Hortense m'aima.
La première fois qu'elle sonna chez moi, à peine avais-je eu le temps d'ouvrir la porte qu'elle s'engouffra dans le salon où, tombant nez-à-nez avec le jeu d'échec, elle s'écria :
- C'est formidable, on pourra faire plein de parties. J'adore les échecs !!!
Je me contentai de lui offrir un thé Lipton, tout en murmurant dans le secret de mon fort intérieur le plus intime : "Eh ben cocotte, on y mettrait point un peu la charrue avant les boeufs, crévindiou ?".
Mon sens aigu de la politesse me conduisit à aller prendre un thé chez elle en retour, une ou deux semaines plus tard. J'étais curieux de savoir à quoi pouvait bien ressembler son intérieur : il était propre et charmant ; rien dans la décoration ne révélait son vice à l'exception des oeuvres complètes de Leipniz rangées dans la bibliothèque.
En dépit de ses diplômes, la conversation d'Hortense ne brillait pas de mille feux. Le temps qu'il faisait, le bruit du camion poubelle et d'autres bagatelles à vous faire compter les minutes formaient l'essentiel de la conversation.
Après cela, elle vint sonner plusieurs fois chez moi, appâtée par les sons du piano. Las, c'était une amie - appelons-là Mélusine et appelons Hector son mari - à qui j'avais prêté les clefs de l'appartement. Il est difficile de trouver les mots pour décrire la déception peinte sur le visage d'Hortense lorsqu'au lieu de ma haute et virile stature de rugbyman, elle voyait se profiler la délicate silhouette de Mélusine dans l'embrasure de la porte.
Mais le pire était à venir.
Un soir, vers 23 h, alors que j'étais en assez galante compagnie et m'apprêtais à passer du salon à l'alcôve (c'est bien dit, hein ?), on sonna. C'était Hortense, en pyjama très, très court, dans la cage d'escalier.
- J'arrive pas à dormir, je peux venir chez toi ?
Ca avait le mérite de la franchise et j'avoue que je serais absolument incapable de ce genre d'attaque à main armée. Et là, vous penserez ce que vous voudrez de moi, je sais que je suis un gros salaud, mais je lui ai dit :
- Non, désolé Hortense, je ne peux pas te recevoir à l'heure qu'il est.
J'ai oublié de préciser que les charmes d'Hortense suscitait en mon âme un émoi comparable à celui ressenti chaque été lorsque je croise Bernadette Chirac en string léopard à la Bourboule.
Je revis très peu Hortense, assez cependant pour savoir qu'elle était pourvue d'une soeur formée sur le même modèle qu'elle, mais en version mathématiques.
Un jour, j'ai déménagé.
Depuis, je ne peux croiser un livre de Kant sans avoir un petit pincement au coeur.
Après diverses pérégrinations, j'ai déménagé dans la zone. Dans le neuf deux pour ne rien vous cacher.
L'immeuble m'avait paru d'un calme olympien. En fait de nuisances sonores, je n'imaginais que le frôlement délicat des poils de vison sur les vestes des grand-mères, ou encore le mol rebondissement des balles de golf sur le gazon soigneusement entretenu par des jardiniers sous-payés.
C'était sans compter la voisine du dessus. Une voisine et son chien - son chien prostatique, qu'elle emmenait faire pipi dans la rue toutes les deux heures, tout le temps. Et en particulier à minuit, à deux heures, à quatre heures, etc. Toutes les deux heures, tout le temps.
C'était un gros chien à l'air bête.
A l'heure H moins cinq minutes, il sautait lourdement de son fauteuil Louis XV tendu de velours de Gêne broché d'or et situé précisément au dessus de mon lit, puis trottinait dans l'appartement en faisant sur le parquet un bruit affreux avec ses griffes. Une fois que sa maîtresse, réveillée et habillée, lui avait ouvert la porte, les griffes continuaient leur tapage dans l'escalier. Puis le silence s'intallait. Cinq minutes plus tard le manège recommençait à l'envers jusqu'à ce que le chien, après plusieurs tentatives infructueuses, ait réussi à se hisser sur le fauteuil tandis que sa maîtresse (son esclave, devrais-je dire) briquait sa gamelle en argent Christofle et lui préparait des feuilletés aux truffes et aux ris de veau au cas où une petite fringale eut tiraillé sa canine majesté entre deux promenades.
Sans doute la voisine se couchait-elle ensuite par terre sur une carpette, dans un coin obscur de la cuisine.
Ca me dépasse. Qu'on se réveille toutes les deux heures pour des enfants, passe encore : dès cinq ans ils peuvent faire la vaisselle, puis laver la voiture, et plus tard cotiser pour nos retraites. Mais un chien, foutrebleu !
Je me vengeais en jouant en boucle le crépitement suraigu des Jeux d'Eau de Ravel à l'heure des émissions de télé-réalité que le chien l'autorisait à regarder.
La voisine a déménagé peu après, mais à peine avais-je eu le temps d'accorder une pensée hypocritement émue aux nouvelles victimes du chien qu'une nouvelle voisine du dessus arrivait...
Mon actuelle voisine du dessus (plaise à Dieu qu'elle ne lise pas mon blog) a des horaires étonnants.
Jusqu'à minuit, elle ne fait aucun bruit. A 00h01 environ, elle se lève et enfile des chaussures qui font beaucoup de bruit sur le parquet situé au dessus de ma chambre. Le même bruit se prolonge dans l'escalier, et point n'est besoin d'être docteur en acoustique pour deviner qu'il est produit par des talons aiguilles très hauts et très pointus.
Puis la voisine disparaît dans la nuit.
Vers cinq ou six heures du matin, je l'entends revenir d'un pas las, toujours vêtue de ses talons aiguilles, et se recoucher.
Je ne veux pas médire de mes voisins, et encore moins de mes voisines, mais je crains que celle-ci ne soit pas la jeune vierge timide aux parents de laquelle j'irai, dans l'antichambre d'un vaste appartement du XVIe arrondissement, un dimanche après la messe, mes doigts de pianiste revêtus de gants beurre frais, demander la main, elle rosissante derrière la porte du salon de musique et moi transi dans mon costume trois pièces devant son papa banquier et sa mère catéchiste à Sainte-Ursule de l'Immaculée Conception.
Enfin, peut-être suis-je médisant.
Peut-être cette voisine est-elle une poétesse éthérée qui va chercher l'inspiration dans les allées du bois de Boulogne à la clarté de la lune, arrachant au plus profond de la nuit de sublimes alexandrins reflétant son âme pure et exaltée.
Peut-être...
(Et dans le fond, je ne sais pas si c'est très drôle...)
Voilà le mode d'emploi d'un système que vend l'un de mes amis, brillant ingénieur et commercial hors-pair. Pour commencer, une photo :
Sous les dehors innocents d'un vague carton d'emballage, c'est une redoutable presse dans laquelle vous mettez ça :
Vous appuyez très fort et quand vous rouvrez vous avez ceci (option A) :
ou cela (option B) :
Le bruit de la machine n'est pas un vulgaire bruit industriel mais celui que produirait ceci (option A et B) :
Comment cela marche-t-il ? C'est très simple, il vous suffit de l'acheter et de le regarder marcher. Quand on le voit, on se dit : "Mais pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt ? Je suis vraiment trop con.". Je ne vous en dis pas plus...
Il vous suffit de m'envoyer un chèque de 2 euros (HT), la livraison interviendra sous peu et sous emballage. (N'oubliez pas de rajouter 127 500 euros si vous voulez l'option A ou B.)
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