Abstraction jubilatoire

Publié le par Pierre H

Comment préparer un homard flambé au cognac ?
Nicolas Sarkozy s'épile-t-il le maillot ?
Pourquoi ?
Autant de questions auquelles ne répond absolument pas ce petit poème au lyrisme raccoleur. Je ne le soumets pas moins à votre jugement éclairé...

 

Lire, lire...
S'arracher au néant quantique pour développer une conceptualisation extra-musicale du matériau imprimé, pour s'approprier la création au coeur du non-dit : telle avait été jusque-là ma démarche littéraire (limpide) - non que Britney Spears et Proust n'eussent définitivement imprimé au mouvement de mes phrases leur souplesse d'iconoclastes serpents, mais je n'avais pas pu développer le côté véritablement brechtien du verbe incarné.
De là l'abstraction.

Et elle jubilait. Puis : René Char, dont j'expectorais par menus fragments le texte quintessencié dans des métriques improbables (j'abandonnais tout à fait l'alexandrin, l'octosyllabe, le pâté de hérisson cru... ). Quelque chose se fissura dans la muraille des métaphores ; un mot s'effrita, puis un autre. Les horizons tendus comme des strings, les hyperboles arrachées comme des oxymorons wagnériens, devinrent plus abstraits ; il y avait quelque chose qui se déplaçait dans la conscience que mon moi avait de sa propre autoperception.
Oui, je jubilais, quoiqu'il neigeât.
La nuit se fit. La participation que le verbe conjurait avec force ne savait plus s'abandonner, plus du tout, un peu comme un fil barbelé que l'on aurait accroché, par négligence, sur la crête d'écume de ces tarentules qu'on voit en Sicile au mois d'octobre entre la poire et l'étoile.
Soupirs : lire, lire.

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STV. 11/02/2007 13:35

Je suis estomaqué de tant de neige immaculée, non pas que j'eusse espéré un sopalin moins imbibé de banane et de bière (Asimov m'en garde, Dieu merci !), mais je ne m'attendais pas à tant d'audace caféiné de la part d'un écrivain à la croix de bois tel que toi.

marie pierre 11/02/2007 12:13

Un string.  ..Proust. ..Sarko tel la figure du Père, la statue du Commandeur ( ou du nain de jardin, mais ça revient au même, je t'expliquerai). Mais Sarko s'épilant le maillot ( renonçant à certains attributs masculins?) Et le homard - flambé - figure de...
Consulte. Freud aurait adoré t'avoir comme patient.
Il pleut, j'ai du linge à repasser( urgence...). Ça fait du bien de venir chez toi....

Leu Warou 09/02/2007 23:08

"oxymorons wagnériens" Comme tu y vas toi hein ! Tu vas te prendre un procès à tous les coups ! Fais gaffe Pierre, merde !

Max 09/02/2007 19:13

Alors là… Là Pierre tu vas loin. Très loin. Peut-être trop ?!! Sans doute l’effet du pâté de hérisson cru qui, rappelons le quand même aux ignares et à tous ceux qui préfèrent regarder un film de Ingmar Bergman à Questions pour un champion, était le plat préféré de Gengis Khan en même temps que son meilleur remède contre les hémorroïdes.
 

Mais pourtant il reste indéniablement vrai que, parfois, le lecteur fou, aveugle et narcopolytechnicien qui sommeille en nous voudrait crier au poète : « Arrête ton char René ! » Oui… Ce serait beau… Ce serait aussi abstrait et jubilatoire qu’un ascenseur polygame qui refuse de s’ouvrir au septième étage sous prétexte que le degré d’abstraction de la culotte de Britney Spear a transcendé le Ulysse 31 de James le jouisseur dyslexique. Le gâteau de mémé s’écroulerait et ce serait la fin du monde (cette dernière phrase ne veut rien dire, c’est vrai, mais elle le dit si bien…).

Nicolas 09/02/2007 16:11

Que d'ire ! Que dire ? Les cris vains de l'écrivain sont mal entendus là où le mâle est étendu.J'apprécie beaucoup ce texte qui sous ses airs ne se prend pas tant que ça au sérieux. Un poil décousu pour d'avantage de cohérence, mais attention aux dangers quand viennent se mêler la pilosité et la couture.