Le retour de l'enfant prodigue

Publié le par pierre

C'est Noël ! Youpi. Youplaboum. Il faut faire des cadeaux.

Je suis donc allé au Galeries Lafayette du boulevard Haussmann acheter des cadeaux pour mes proches. C'était il y a deux semaines, un samedi après-midi. J'ai parfois des éclairs de génie, comme ça... Les Galeries Lafayette, un samedi après-midi avant les fêtes, sont à la relaxation et à la zénitude ce qu'Elisabeth II ou Benoît XVI sont à la volupté. Mais bon, j'avais décidé de sacrifier aux dieux de la consommation, on ne sait jamais.

Dépourvu d'argent comme d'idées, je me laissais guider par la foule : à peine avais-je franchi les portes du temple qu'un fleuve humain m'emporta. Je me retrouvai au rayon "objets de déco débiles et laids pour blogueurs fauchés et sans idée de cadeau pour leur grand-oncle de province" qui est un des rayons les plus fréquentés de cet établissement bien qu'on n'y trouve que des objets de déco débiles et laids pour blogueurs fauchés, etc...

Je fis quelques emplettes : une pendule Playboy avec un range-Bible, un verre à dents qui joue la Marseillaise quand on le retourne, une machine à transformer les diamants en pâté Hénaf, du pâté Hénaf en cas de panne, l'intégrale de Proust en tchétchène médiéval, un morpion en peluche, des bougies parfumées au boudin, un sabre ottoman pour sabrer le champagne.

"Prends ce que tu veux, paies-en le prix, et Dieu sera content." Très bien, mais pour faire chauffer la carte bancaire il fallait sortir du rayon. Las ! Le fleuve qui m'avait déposé là ne voulut pas de moi. Il devint vite évident que je ne pourrais en aucun cas me fondre dans le magma humain en direction de la sortie, bref, que je ne m'en sortirais pas. Et je ne sortis pas. Dans le même temps le rayon se peuplait peu à peu  - ou, devrais-je dire, se surpeuplait davantage à chaque instant. Bientôt la pression fut telle que je décollai du sol, porté par mes voisins qui eux-même ne touchaient plus terre...

Et ça a duré deux semaines. Heureusement que j'avais pris du pâté Hénaf.

Hier soir j'ai décidé d'y aller avec mon sabre ottoman. Soyez rassurés, je l'ai ensuite nettoyé à l'alcool à 90°, ma grand-mère (heureuse destinataire d'un si utile présent) ne risque pas d'attraper de maladies avec.

Retour à la vie normale.

Publié dans Bonnes manières

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roxane 29/12/2006 09:41

Galeries Lafayettes un samedi avant les fêtes de fin d'années !! lolll Je le crois pas... Je vais en rire pendant trois semaines !! J'ai horreur des bains de foule...Bon, sans rire, Pierre, t'as chanté tout l'été ? Et tu fus fort dépourvu que Noël fut venu ? Joyeux retour et à bientôt j'espère.

Max 26/12/2006 22:39

A la lecture de ces lignes d’une rare intensité mélo-dramatique une seule conclusion scientifique me vient à l’esprit : Indiana Jones a un p’tit zizi !
En effet dans la même situation je pense qu’il aurait craqué environ 3 heures 57 minutes et 12 secondes plus tôt, ce qui lui aurait  probablement coûté la vie, écrasé sous une pile de pâté Hénaf (oui, il n’est pas dans mes habitudes de briser à la légère un mythe sans m’appuyer sur une démonstration rigoureuse. Quand même…).

anita 26/12/2006 18:13

Personellement, en bonne ancienne du couvent des oiseaux, je me sert une longue aiguille à tricoter. C'est plus feminin que le sabre.  Mais moins que l'épingle à chapeau Qu'en pensez-vous?

STV. 26/12/2006 08:29

Je suppose qu'on devrait prendre ton retour pour un cadeau ?Hum ?Bon, ben Joyeux Noël à toi aussi alors.(J'aurais préféré un sabre Ottoman, mais bon, on n'a pas toujours ce qu'on veut hein ?).

Martin Lothar 25/12/2006 22:25

Attention, l'intégrale de Proust en tchétchène médiéval est bourrée de contresens et de néologismes graves à chier. Je le sais car je me suis servi de cette version pour traduite ce monument en serbo-croate. Un exemple : Les célèbres madeleine ssont remplacées par du pâté Hénaff ! Bon d'accord, il n'y avait pas de madeleines aux oeufs frais au moyen-âge, mais quand même, quelle truanderie hein !