Les très riches heures de Brandoald et Samantisbe

Publié le par pierre

Suite et pronlongemenct des tres dignes et hauts faicts
de dame Samantisbe et de seigneur Brandoald

Adoncques estoient Brandoald et sa dasme Samantisbe qui noises cherchaient à certaine espeszce d'escrevisse qu'on appeloit Zita et qui estoit saige autant qu'escrevisse peut l'estre.

- Seigneur Brandoald, vous me voulustes faire perir, et je cuide fort que c'estoit par maligne intention, dict Zita lors que Brandoald la menaçoit d'hallebarde frapper.

- Oui, car point de voulustes confesser vos tres horrisbles et peccamineuses actions au venerable Pierre H pour lequel avois-je delestez ma bourse de moults ecus.

Sur ces entrefaictes, Brandoald voulust abastre le fer sur Zita mais Samantisbe s'interposa et en fut bien marrie car en salvant la grosze escrevisse elle perdist proprement la teste, icelle s'en allanct rouler pres la porte du sien castel.

- Malheur et  moi, s'escria Brandoald. Je venois de faire currer les fossez a mes serfs et icelle gueuse y va faire moultes taches escarlates qui point ne partiront apres cent lessives.

Or estoit dans les parasges un sainct ermite lesquel estoit moult ardent en devotions et guerissoit tous ceulx qui estoient dolents de rhusmes buboniques et de turberculosze des foinz. Cestuit ermite estoit precisement Pierre H. Voyanst les deux morceaux de dame Samantisbe qui rouloient sur herbes et tachoit toute chose d'un vil escarlate, il les recueillist en son sainct manteau. Lors y appliqua une eau benite ou avoient trempez deux crasnes de saint Thomas d'Acquin ainsi que plusieurs tibias de cestui bienheureulx qu'il avoit moult en devotion.

Sur ces entrefaictes dame Samantisbe retrouva vie et santé ainsi comme si elle avoit esté toujours pucelle et Brandoald eut grand soulasgement car c'estoit sa tendre epousee qu'il avoit bestement occis.

Lors tous se reconcilierent et se remirent en chevance uns avec austres, celerent les differencts en leur coeur et festoyerent jusques a la nuict, et ce fut la plus bel festoiement qu'on vit oncques parmi le castel du seigneur Brandoald et de dame Samantisbe. L'escrevisse gigante Zita toucha le theorbe et en fict sortir les plus doulx sons du monde. Brandoald briza moultes flesches et lances en fieres joutes et fit grand méhain aux siens esnemyz pour la gloire de sa dasme Samantisbe...

Commenter cet article

Jo 05/10/2006 23:10

Excellent ! 

STV. 26/09/2006 11:05

Moi tout ce que j'espère c'est que c'est aussi fatigant à écrire qu'à lire...  ;)

Anagrys 25/09/2006 11:37

Que tout ceci estoit bellement écrit. Tant de verve ne peut que nous esbaudire !

Max 25/09/2006 01:58

La comésdie musiscale de la fin ne serestoit-t-elle pas un poil pomszpète sur Aster x ?

Martin Lothar 24/09/2006 23:39

Bravo ! MDR ! Ce n'est pas facile d'écrire en vieux françois hein ! Ceci étant, il y a un petit problème historique concernant Saint Thomas d'Aquin : Ses dix crânes ont déjà été utilisés par Pantagruel (entre autres). Je te conseille donc de biffer "d'Aquin" et ne laisser que "Thomas" Comme ça tout le monde te croira (ou pas). A+