Autre refus d'éditeur

Publié le par pierre

J'ai une nouvelle (et véridique) version du refus d'éditeur.

Vous ne le savez peut-être pas, mais une maison d'édition assez connue m'avait contacté en février dernier au sujet d'un manuscrit que j'avais envoyé, dans un accès de mythomanie ordinaire et dans une enveloppe timbrée. Appelons Germaine Ledru cette maison d'édition.

Germaine Ledru m'avait dit que mon travail était x, y, z et assez intéressant en somme mais que je devais changer a, b, c, d... et plein d'autres trucs pour en faire quelque chose d'éventuellement publiable. Ces remarques étaient d'ailleurs aussi intéressantes que justifiées.

Comme au bout de quelques mois je ne lui avais toujours rien renvoyé (et pour cause, je n'avais pas fini de faire les innombrables modifications par elle suggérées), Germaine me recontacta pour me demander si je ne l'avais pas oubliée.

Mais non, je ne t'ai pas oubliée, Germaine ! Je ne pense qu'à toi, nuit et jour, mais figure-toi que j'ai aussi un travail qui m'occupe cinq jours sur sept, un prêt immobilier à négocier, des travaux à suivre, une vie sentimentale, bref, je n'ai pas fini de retravailler mon manuscrit. Si tu veux, je t'envoie quelques nouvelles que j'écrivis un soir où j'avais pris une cuite à la San Pellegrino.

C'est ce que je fis. C'était en mai. Je précise que ces nouvelles me paraissent infiniment meilleures que mon premier envoi, celui qui avait attiré son attention. Plus drôles, plus trash, plus nerveuses, plus... Bref, super groove. Elles me plaisent d'ailleurs tellement que j'en ai écrit plein d'autres dans le même style et que j'ai complètement laissé tomber mon premier manuscrit.

Comme je n'avais toujours pas de nouvelles des nouvelles à la fin du mois d'août, j'ai décidé d'appeler Germaine Ledru. Elle m'avait déjà dérangé deux fois au travail, je pouvais bien faire de même une fois en passant.

- Ah, oui, vos nouvelles, j'avais oublié de vous appeler pour vous dire... De toute façon, je ne les ai pas lues moi-même. Mes lecteurs les ont regardées ; aucun n'a aimé.

- Euh... bafouillai-je.

- Disons qu'ils ont trouvé ça assez mauvais tant sur la forme que sur le fond.

Ah, qu'en termes galants ces choses-là sont dites...

Depuis, j'ai arrêté de boire de l'eau.

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pierre 09/09/2006 00:31

Merci Roxane !
Parfois, être soi, c'est plus un processus qu'une donnée brute... Alors je vais quand même essayer de retravailler le manuscrit - sans perdre mon âme !

roxane 08/09/2006 21:45

SURTOUT ! Ne touche à rien... Ce ne serait plus toi...

STV. 08/09/2006 10:34

J'adoooooore la San Pellegrino. Je crois que je vais arrêter l'écriture.

pierre 07/09/2006 19:36

merci Marie-Pierre ! Tu me remontes le moral...

marie pierre 07/09/2006 19:13

et bien je t'assure quil doit avoir de sacrées qualités, ton manuscrit, pour qu'on t'appelle deux fois....Donc laisse le reposer et retravaille le plus tard, et envoie le ailleurs...je dis ça mais j'en ai un , refusé l'an dernier , qui dort sur mon bureau. La différence: mon éditeur ne m'a pas demandé de le retravailler.....