Complainte amoureuse à Germaine Ledru

Publié le par pierre

Si vous n'arrivez pas à vous faire éditer, envoyez cette Complainte amoureuse d'Alphone Allais à votre éditrice préférée ! A Germaine Ledru par exemple. Peut-être sera-t-elle conquise et vous imprimera à 500 000 exemplaires (mais n'oubliez pas de joindre au poème un manuscrit au scénario bien ficelé, d'un style original, accrocheur dès la première page, pouvant plaire à la fois au grand public et aux critiques parisiens, aux vieux comme aux jeunes, etc.)

Oui, dès l'instant que je vous vis,
Beauté féroce, vous me plûtes.
De l'amour qu'en vos yeux je pris,
Sur-le-champ vous vous aperçûtes :
Mais de quel air froid vous reçûtes
Tous les soins que je vous rendis!
Combien de soupirs je rendis!
De quelle cruauté vous fûtes,
Et quel profond dédain vous eûtes
Pour les voeux que vous offris !
En vain je priai, je gémis,
Dans votre dureté, vous sûtes
Mépriser tout ce que je fis...
Même un jour, je vous écrivis
Un billet tendre que vous lûtes;
Et je ne sais, comme vous pûtes,
De sang-froid, voir ce que j'y mis
Ah! fallait-il que je vous visse,
Fallait-il que vous me plussiez,
Qu'ingénument je vous le disse,
Qu'avec orgueil vous vous tussiez !
Fallait-il que je vous aimasse.
Que vous me désespérassiez,
Et qu'en vain je m'opiniâtrasse
Et que je vous idolâtrasse,
Pour que vous m'assassinassiez !

Ces imparfaits du subjonctif sont légers comme des trente-huit tonnes. J'adore !

Publié dans Ecrire

Commenter cet article

marie-pierre 17/08/2006 10:56

Génial ce blog...Je suis un écrivain parfois publiée mais qui souffre sur son roman en cours. J'ai moi aussi crée un blog,totalement narcissique, où je m'encourage, m'engueule et me félicite moi-même. Ah mais!