Dieu a sagement agi
en plaçant la naissance avant la mort ; sans cela, que saurait-on de la vie ?
Vous l'ignoriez jusque-là, mais la décoration figure en bonne place dans la longue cohorte de mes talents.
Je suis en train de réfléchir à l'agencement des lettres de refus d'éditeurs sur les murs de ma chambre. Ce sera une grande oeuvre d'art contemporaine. Pour l'instant j'en suis à six lettres : celles reçues pour mon précédent recueil poétique intitulé "Tu avances, tu recules" et dont j'avais proposé les stances délicates au Pèlerin, à AutoMoto, à Chasse Pêche Magazine, à Gallimard Jeunesse, à Bayard Presse et au Monde de la Musique.
Je pense tout d'abord dessiner le cadre à même le mur et puis finement parodier un encadrement baroque à base de boîtes de cassoulet vides.
Après ces débuts prometteurs, je collerai les six premières lettres pliées en petit bateau, en cocotte, en homard à douze pattes (ça c'est plus dur). Je commencerai à passer l'ensemble à la bombe argentée et rose fluo. Ce qui est bien c'est que l'oeuvre - de dimension 2m50 sur 4 - sera directement créée sur le mur de ma chambre, donc indissociable de l'appart. Je vous dis pas la plus-value quand je le vendrai !
Après j'ajouterai progressivement les autres lettres de refus sous des formes encore à définir. Peut-être les broierai-je avec de la colle à bois, où les découperai-je en fines lamelles avant de les faire revenir dans du saindoux avec des huîtres fraîches. A voir...
Pour en recevoir un max, j'envoie des photocopies des Pages Jaunes et du Code Pénal à toutes sortes d'éditeurs branchés de la rive gauche caviar. C'est très difficile (de faire les photocopies, pas de les envoyer) car mon chef me zieute et a du mal à me croire quand je lui dis que c'est pour caler mon bureau - un office que remplit déjà très bien ma thèse de 4595 pages.
Si vous voulez, je fais pareil chez vous. Devis gratuit sur simple demande.
Le tramway avait une demi-heure de retard. Long. Il faisait froid. Je n'avais qu'un Agatha Christie de troisième classe à lire sur le quai. Long, très long. Tram arrive. Tram faire son trajet à un train de sénateur et enfin arriver. Pierre H marcher jusqu'à maison. Long aussi. Maison en bordel. Et l'impensable arriva : boîte de cassoulet ouverte et mangée comme ça, froide, dans la boîte.
Je vous jure, ça vaut largement le pressé de caille truffée de l'Astrance.
Je viens de poster un manuscrit aux éditions du Dilettante.
J'ai pris soin de l'accompagner d'une lettre d'accompagnement. Au moment où je l'ai écrite elle me paraissait très bien : ni trop racolleuse ni trop modeste, ni trop littéraire ni trop plate, ni trop longue ni trop courte, ni trop explicative ni trop elliptique, etc.
Mais (ce genre de remords vient toujours trop tard) je me suis rendu compte que le dernier candidat ayant défini ses positions par des "ni-ni" a terminé la course dans le décor.
Bon, comparaison n'est pas raison...
Ce blog s'enorgueillit de propager les bonnes manières, la langue française et le second principe de la thermodynamique. Hélas je n'ai pas réparti mes efforts de manière équitable entre ces trois grands thèmes. Qui trop embrasse mal étreint, et je ne sais comment font ceux qui affichent pour priorités à la fois l'éducation, la défense, la réduction des effectifs de l'administration, le maintien de la qualité du service public, la diminution de la dette et celle, simultanée, des charges affectant les entreprises.
Mais passons. Pas plus tard qu'avant-hier soir, j'entendais dans le métro quelqu'un dire à son voisin (c'était sur la ligne reliant Clichy-sous-Bois et Sarcelles) :
- Bel ami, voudriez-vous bien me donner l'heure, je vous prie ? Je dîne en ville ce soir et je crains fort d'être en retard. La duchesse de Guermantes est intraitable sur la ponctualité, vous le savez autant que moi, cher Mohamed.
- Il est sept heures moins le quart, très cher Khaled. Vous aurez tout le temps de passer votre smoking et de polir le madrigal que vous comptiez déclamer à cette chère Oriane entre le homard et le foie-gras truffé.
Cette conversation me remplit de fierté et de satisfaction lorsque je me rendis compte que toute allusion au second principe de la thermodynamique en était absente. Rien. Que dalle. Nada. Nothing. Nihil.
Il va falloir rattraper le retard à marche forcée... Voilà donc un petit cours sur le second principe de la thermodynamique.
Le second principe introduit la fonction d'état extensive S, appelée entropie. La variation d'entropie d'un système, lors d'une transformation quelconque, peut être décrite comme la somme d'un terme d'échange et d'un terme de création :

- Le terme de création, toujours positif ou nul, impose le sens de l'évolution de la transformation,
; l'égalité n'a lieu que pour une transformation réversible. - Le terme d'échange dans le cas d'un système fermé échangeant la quantité de chaleur Q avec le milieu extérieur à la température T est égal à
.
Une autre formulation est possible comme nous l'avons vu précédemment, en considérant l'entropie du système et l'entropie du milieu extérieur.

La variation d'entropie globale correspond à l'entropie créée et est égale à la somme des variations d'entropie du système et du milieu extérieur. Elle est toujours positive dans le cas des transformations réelles irréversibles. En revanche dans le cas idéal des transformations réversibles elle est nulle.
Considérons une transformation effectuée soit de façon réversible soit de façon irréversible, à la température T. L'entropie étant une fonction d'état sa variation sera la même pour les deux chemins envisagés. En revanche la chaleur dépendra du chemin suivi car elle n'est pas une fonction d'état.
- Transformation réversible:
puisque l'entropie créée est nulle.
- Transformation irréversible:


Il s'ensuit que
puisque l'entropie créée est positive.
L'expression ainsi obtenue a été formulée par Clausius. On l'appelle encore inégalité de Clausius. C'est une autre façon d'exprimer le second principe.
Alors, ça vous plaît ? On continue demain ?
J'ai trouvé un blog très bien. Je vous envoie directement sur la page de septembre 06 où, si vous voulez bien prendre la peine de descendre un peu, vous verrez une lettre de refus en provenance de la direction littéraire de Grasset. Allez-y donc la lire une minute !
Le Blog de Pierre