Dieu a sagement agi en plaçant la naissance avant la mort ; sans cela, que saurait-on de la vie ?

Alphonse Allais

Vous ne pouvez pas toucher à mon cerveau, c'est mon deuxième organe préféré !
Woody Allen

 

Jeudi 5 avril 2007

Eh oui... la nouvelle est tombée comme un couperet d'acier sur une nuque de marquise évaporée. Contrairement aux attentes de la Sofrès, d'Ipsos et des autres astrologues mondains, mon recueil de nouvelles a été refusé par le Dilettante. Or le Dilettante paie des gens pour ajouter un petit commentaire personnalisé en marge d'un document standard dactylographié.

On peut y lire entre autre que :

"Votre roman..."

J'ai envoyé un recueil de nouvelles.

"... présente une structure plutôt dynamique et variée..."

Précisons encore que mes nouvelles traitent de l'immobilité d'un jardin zen en hiver. Il n'y a personne, il fait froid, il n'y a pas un bruit. Il ne se passe rien de notable. Dans la première nouvelle, je décris la chute imperceptible d'un grain de poussière sur le gravier, vers le milieu du jardin. (Bien entendu, il n'y a rien dans ce jardin, même pas un arbre ou un rocher : rien.) Dans la seconde nouvelle, la chute de ce grain de sable s'arrête et le gel immobilise encore davantage la scène... et ainsi de suite jusqu'à la douzième nouvelle, qui, dans le fond ne se différencie des premières que par le fait que la température passe de -5°C à -7.3°C.)

"... [ ] Le projet est sympathique..."

J'ajoute, pour les lecteurs de ce blog qui n'auraient pas lu mon recueil, et ils sont environt 99,99%, que la philosophie générale de ces textes est : que les gens sont cons ; que le monde est moche et pourri ; que ce jardin est, finalement, aussi vide que tout projet artistique, même les plus grands chefs d'oeuvre ; que le monde de l'édition est une imposture qui mérite le pal, le bûcher et d'être privé de dessert ce soir.

"... mais l'ensemble n'est finalement pas assez développé..."

Le recueil fait en effet 1459 pages imprimées en police 4.

"...et en ce moment nous n'éditons que des recueils de nouvelles nihilistes parlant de jardins zen dans un style aussi pompier que wagnérien. Avec nos regrets, nous vous prions de croire, etc."

La vie est vraiment trop injuste.

Pour me consoler je suis allé dévaliser le BHV Homme, noyant mon chagrin dans des baskets Kenzo, article dont le prix au poids tangente celui du caviar bélouga.

C'est décidé, je vire sybarite et je nique les jardins zen.

par Pierre H publié dans : Ecrire
Lundi 26 mars 2007

Les éditeurs ne me répondent pas. Cela fait pourtant trois semaines que j'ai envoyé mon manuscrit à plusieurs grandes maisons... J'en suis réduit à échafauder tous les scénarii possibles.

1. Le lecteur de chez Gallipouêt qui a eu la chance de revevoir mon manuscrit est allé s'enfermer aux toilettes pour en commencer la lecture, dans cette digne solitude qui seule sied à l'approche des grands chefs d'oeuvre. Dès la première phrase ("Longtemps je me suis couché de bonne heure.") le lecteur a été saisi par une telle admiration, un tel sentiment de plénitude, un tel déferlement de bonheur qu'il en est mort, oui mesdames et messieurs : mort. Malheureusement pour lui, les toilettes sont situées tout au bout de son appartement de 670 m² et ses domestiques se demandent encore où il a pu passer. Résultat : je peux toujours attendre le coup de fil salvateur de chez Gallipouêt. Moralité : je ne recopierai plus mes incipit dans le premier roman de gare qui me tombe sous la main.

2. Le lecteur de chez Flammarouille qui a eu l'insigne honneur de découvrir mon roman "Passe-moi le sel s'il te plaît" l'a trouvé tellement génial qu'il l'a immédiatement fait lire à un de ses collègues, et ainsi de suite. En 48h, toute la maison avait lu le roman. On se déchira alors pour savoir si l'on me donnait 10 ou 20 millions d'à-valoir, si l'on m'éditerait à 35 millions ou seulement 30 millions d'exemplaires, etc. Bref, avant-hier tout le monde s'est étripé sauvagement. Lecteur de ce blog, sache-le : la maison Flammarouille a sombré dans un bain de sang, tout ça pour un roman intitulé "Passe-moi le sel s'il te plaît" - qu'elle ne pourra de surcroît éditer, faute de personnel.


3. Le directeur d'Albine Michèle a confondu mon manuscrit avec le dernier essai philosophique de Nadine de Rotschild et, l'ayant terminé, est allé se jeter d'une falaise après avoir fait des cocottes en papier avec toutes les pages impaires. Raté pour la publication.

4. La directrice de Grasseuil a confondu mon manuscrit avec un steack-frite sauce béarnaise. Dommage.

5. ...

 

par Pierre H publié dans : Ecrire
Dimanche 25 mars 2007

Vendredi 16 mars 2007

Je pars en week-end chanter et festoyer gaiement. A la semaine prochaine !

Lundi 12 mars 2007

Je vous recommande chaudement ce livre :

Nouvelle Histoire de la langue française (Editions du Seuil, sous la direction de Jacques Chaurand)

par Pierre H publié dans : Ecrire
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