Dieu a sagement agi
en plaçant la naissance avant la mort ; sans cela, que saurait-on de la vie ?
Le résultat a dépassé les espérances...
Ma relative absence ces derniers temps doit donc être mise sur le compte de l'effet thérapeutique de ce blog : je vais bien, je profite de la vie et rentre souvent à des heures et dans un état où manier l'alexandrin et l'anacoluthe ou même encore une brosse à dents relève de la prouesse technique.
Je m'excuse pour cette présence plus intermittente que spectaculaire.
Vous pouvez me contacter (en bas du blog il y a un lien : contactez l'auteur de ce blog... c'est moi !)
Cher tous,
En dépit d'un complot médiatique bien huilé - lequel n'aura surpris que ceux d'entre vous qui croient encore au Père Noël et à la Mère Picon - ourdi par les grandes puissances médiatiques, le seul grand vainqueur des élections de dimanche dernier est Pierre H, moi pour les intimes.
En effet j'ai battu mon record du nombre de visiteurs uniques le 22 avril, avec 90 passages sur ce blog en une journée ! C'est environ trois fois plus que les 31% de Sarko (90/31 vaut environ 3), presque 4 fois plus que Ségolène et 5 fois plus que Bayrou. Si les subtilités de cette arithmétique vous échappent, reportez-vous à mon article sur le Second Principe de la Thermodynamique.
Pour qui voter au second tour ? La question était une boutade puisque ce score m'assure l'élection à la présidence de la République dès le premier tour en vertu de calculs présentés au paragraphe ci-dessus.
Une petite larme pour Sarko qui était le seul, je dis bien le seul candidat à se pencher sur le sort de ces pauvres rombières de Neuilly dont les bourrelets fondent à vue d'oeil à mesure que le péril socialo-communiste semble assombrir les perspectives de croissances de leurs dividendes ; le seul à protéger les patrons du CAC40 des méchants tous pas beaux vilains qui veulent rogner leurs émoluments ; le seul, enfin, à pouvoir assurer enfin l'homogénéité politique parfaite entre les pouvoirs exécutifs, législatifs, judiciaires, médiatiques, etc. enfin coulés dans l'airain d'un Parti unifié et bien tenu, non mais, c'est fini ce bordel.
Mais bon, dommage pour lui et pour eux, je suis déjà élu...
Chez tous,
j'ai l'immense plaisir de vous annoncer la création d'une PME innovante. Celle-ci sera consacrée à la non-édition de romans, essais, recueils de poésie, de cuisine, missels et autres manuels kamasutresques.
Par rapport à une classique maison d'édition (c'est tellement surfait...) ma maison permettra à un auteur de non-éditer une oeuvre. Le contrat sera ficelé dans les termes les plus stricts. Si un manuscrit est accepté, la MNE s'engagera à ne pas le publier, à ne pas le diffuser, et à ne pas verser plus de droits d'auteurs à l'auteur que de TVA à l'Etat - et du reste elle serait bien en peine de le faire puisque le texte ne sera pas imprimé - et par là même, guère vendable.
Un exemple de lettre d'acceptation :
Mlle Amélie Nothomb,
Réjouissez-vous et tressaillez d'allégresse car votre roman a attiré notre attention.
Comme les premières phrases le laissent penser, votre roman se tasse dès la page 10 pour atteindre vers la page 15 sa vitesse de croisière, laquelle consiste à enfiler formule sur formule et dialogue vain sur argutie verbeuse avec la monotonie d'un collier de pâtes. Tous les personnages se ressemblent, tout simplement parce qu'ils vous ressemblent trait pour trait, et Dieu sait si vous n'êtes ni jolie ni d'un esprit attachant. Ultime non-extase : quand on a l'impression que ça va enfin décoller, vous mettez le point final.
Ce texte est donc le candidat idéal à la non-édition. Vous pouvez passer dès maintenant signer votre contrat chez nous. A cette occasion nous vous offrirons une verveine ou une camomille, boissons dont la sapidité s'accordera à merveille à votre manuscrit. N'oubliez pas d'emmener tous les exemplaires de celui-ci ; nous les passerons tous joyeusement au broyeur.
Bien cordialement,
La M.N.E.
En revanche voilà le genre de lettre de refus que l'on enverra à un écrivain malchanceux :
M. Marcel Proust,
Si votre roman a attiré votre attention, c'est par sa richesse de forme, par sa vie plus vraie que la vraie vie, par ses phrases onctueuses comme la Plombière de chez Berthillon, par ses personnages si lointains mais si proches, par sa poétique, par sa musique, par sa puissance et par sa grâce. Vous avez jeté à travers le temps une arche de vérité dont une non-édition par nos soins amoindrirait la liliale splendeur.
C'est donc avec regret que nous vous invitons à contacter un oui-éditeur plus à même promouvoir votre talent.
Vous pouvez retirer votre manuscrit à notre bureau entre 9h et 19h.
Avec nos regrets désolés,
La M.N.E
Comme vous l'avez deviné, les critères pour être non-édités seront extrêmement stricts.
Pourquoi ne pas organiser une grande soirée de lancement de la Maison de Non-Edition ? Le Ritz ou le Crillon me paraissent de bons candidats pour cette fête fondatrice. Bref, j'attends vos conseils et remarques, et s'il y a des juristes capables de rédiger un vrai contrat de non-édition, leurs contributions seront les bienvenues.
Longue vie à la MNE !
Peut-être pourrais-je mettre à profit mon nouveau titre de Ministre des Ouvertures Objectivement Faciles pour lancer cette PME ?
Pour me consoler de l'argent que je ne gagnerai pas en éditant mes oeuvres complètes, j'ai décidé de le claquer en deux temps et trois mouvements.
Pour cela, le BHV Homme, qui vient d'ouvrir à Paris, est un endroit idéal.
Le BHV Homme se situe à deux pas de l'Hôtel de Ville, derrière le BHV de base.
Le BHV Homme est une machine à vous faire cracher du cash à côté de laquelle le Bonheur des Dames d'Emile Zola est un aimable vide-grenier.
Au cas où le matraquage publicitaire dans le métro (le David de Michel-Ange plus ou moins en slip) ne vous aurait pas renseigné sur la cible marketing du BHV Homme, le premier rayon en entrant vend des produits lubrifiants qui, sauf erreur de ma part, ne sont pas ceux que recommande le dernier Auto Moto Magazine pour regraisser un moteur diesel HDI.
Côté marketing, c'est vaseline à tous les étages (au nombre de 4 ou 5). Tout est atrocement cher mais tout est fait pour vous donner l'impression que vous faites une super affaire en achetant une écharpe Paul Smith à 245 euros.
Exemple : vous zieutez les étiquettes. Un costume à 850 euros, un petit pull à 180 euros, des pompes à 280 euros. Soudain vous voyez un T-shirt blanc uni à 75 euros et vous trouvez ça tellement pas cher que vous l'achetez. Début de la perversité. Ca commence avec un T-shirt et ça finit avec l'écharpe Paul Smith, puis le jean, les pompes et le costard. Pas cher puisque entre-temps vous avez vu un autre costard (Agnès B) à 1999 euros.
Ensuite, en réglant avec la carte BHV, vous avez en plus une réduction de 15%... D'où de gros encarts -15% partout partout partout, pour vous donner l'impression que vous avez des super privilèges et que, pour vous, le BHV se met en quatre. Et c'est le cas : ils ne font qu'une marge de 450% au lieu de 600 %. Soyez bien conscients du sacrifice, et versez une petite larme qui fort opportunément, en tombant, attendrira de quelques degrés la température de votre CB en pleine fusion thermo-nucléaire.
Le fascicule de pub présente de saisissants résumés de la vie du client idéal du BHV. Si j'en extrais la quintessence, ce client idéal gagne environ 10000 euros par mois mais a tout son temps pour passer six heures par jour au BHV. Personnellement, pour combiner de tel revenus avec un emploi du temps aussi cool, je ne vois pas d'autre solution que d'aller faire mon jogging la nuit, au Bois.
Voilà... si avec ça je ne vous ai pas convaincus d'aller au BHV Hommes, je me fais moine tibétain en tongs dans la neige.
Le Blog de Pierre