Dieu a sagement agi
en plaçant la naissance avant la mort ; sans cela, que saurait-on de la vie ?





Pénétra dans le pavillon ;
Et comme il n’avait pas beaucoup de place,
Dans l’ensemble le reptile se tasse.
Mais, terrible punition !
Quand il voulut revoir le grand air et l’espace,
Et la vierge forêt au magique décor,
Il eut beau tenter maint effort,
Il ne pouvait sortir du cor,
Le pauvre boa constrictor ;
Et, pâle, il attendit la mort.
Moralité :
Dieu comme le boa est triste au fond du cor !
Maurice Donnay, Le Chat Noir, 11 juillet 1891
Si vous ne comprenez pas, relisez les poésies complètes de Lamartine... en plus c'est la saison !
Il était une fois un moine tibétain qui
traversait le Sahara en plein mois de juillet. (Pourquoi ? Comment ? Dans les contes, c’est comme ça. Pourquoi Blanche-Neige est-elle captive d’un château régenté par une affreuse
belle-mère au lieu de faire tranquillement son shopping rue Saint-Honoré ? On ne sait pas, c’est comme ça, et d’ailleurs c’est le problème de la vie en général. Cf Hamlet.)Par pénitence, notre moine tibétain (qui au Tibet ne portait que des tongs et un slip très léger, même en hiver) était ici vêtu d’une combinaison de ski et chaussé de rangers lacées très serrées, sans compter un poncho qu’il avait lui-même tricoté et un ensemble de sous-vêtements Thermolactyl de la gamme Christmas in Groenland.
Et il avait soif.
Il se lamentait d’avoir soif, quoique sa religion lui enjoigne de se réjouir des épreuves dont la vie est parsemée.
Mais il avait vraiment très soif.
Très, très soif.
Or, alors même qu’il s’apprêtait à désespérer, il vit non pas une, mais deux oasis en même temps. Une un peu sur la gauche et une un peu sur la droite. Il poussa un cri de joie qui transcrit en français s’apparenterait à Yarglaaaaaaa, quoique Zorgluuuuub rende mieux compte de certaines inflexions de haut-sanscrit dont notre moine adornait son langage.
L’oasis
de gauche était luxuriante, débordait de palmiers et de fleurs exotiques aux couleurs chatoyantes. Le parfum de fruits mûrs à point flattait la narine tandis que l’eau coulant dans des fontaines
mauresques berçait l’oreille de son charmant clapotis.
L’oasis de droite, en revanche, frappait par le bruit mélodieux de ses fontaines andalouses qui se mêlait aux fragrances de fruits prêts à être cueillis. Partout on voyait des massifs de fleurs
chamarrées se développant à l’ombre d’une profusion de palmiers verdoyants.
Notre moine se retrouva dans une situation qui lui faisait horreur : il devait choisir une des deux oasis pour se désaltérer.
Il tourna la tête de droite et de gauche, puis de gauche à droite et de gauche à droite.
Las, il n’y avait pas l’échappatoire Bayrou qui lui avait permis de ne vexer personne à la dernière élection présidentielle, avec le brillant résultat qu’on sait.
Le moine sortit alors de son sac à dos les 35 volumes de l’Encyclopedia Britannica sans laquelle il ne ses déplaçait jamais et se mit à compulser les articles oasis,
fleur, moine tibétain, choix, faim, soif, soleil, Bayrou, sanscrit, fontaines mauresques, Zorgluuuub, etc. en espérant trouver une
réponse à son problème.
Il chercha bien longtemps.
(à suivre... je ne sais pas encore quand comment ça finira.)
Le Blog de Pierre