Dieu a sagement agi en plaçant la naissance avant la mort ; sans cela, que saurait-on de la vie ?

Alphonse Allais

Vous ne pouvez pas toucher à mon cerveau, c'est mon deuxième organe préféré !
Woody Allen

 

Mercredi 26 septembre 2007
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Mardi 25 septembre 2007
Un jour un grand serpent, trouvant un cor de chasse,
Pénétra dans le pavillon ;
Et comme il n’avait pas beaucoup de place,
Dans l’ensemble le reptile se tasse.
Mais, terrible punition !
Quand il voulut revoir le grand air et l’espace,
Et la vierge forêt au magique décor,
Il eut beau tenter maint effort,
Il ne pouvait sortir du cor,
Le pauvre boa constrictor ;
Et, pâle, il attendit la mort.

Moralité :

Dieu comme le boa est triste au fond du cor !


Maurice Donnay, Le Chat Noir, 11 juillet 1891




Si vous ne comprenez pas, relisez les poésies complètes de Lamartine... en plus c'est la saison !
par Pierre H publié dans : Ecrire
Dimanche 23 septembre 2007
sahara.jpgIl était une fois un moine tibétain qui traversait le Sahara en plein mois de juillet. (Pourquoi ? Comment ? Dans les contes, c’est comme ça. Pourquoi Blanche-Neige est-elle captive d’un château régenté par une affreuse belle-mère au lieu de faire tranquillement son shopping rue Saint-Honoré ? On ne sait pas, c’est comme ça, et d’ailleurs c’est le problème de la vie en général. Cf Hamlet.)

Par pénitence, notre moine tibétain (qui au Tibet ne portait que des tongs et un slip très léger, même en hiver) était ici vêtu d’une combinaison de ski et chaussé de rangers lacées très serrées, sans compter un poncho qu’il avait lui-même tricoté et un ensemble de sous-vêtements Thermolactyl de la gamme Christmas in Groenland.

Et il avait soif.

Il se lamentait d’avoir soif, quoique sa religion lui enjoigne de se réjouir des épreuves dont la vie est parsemée.

Mais il avait vraiment très soif.

Très, très soif.

Or, alors même qu’il s’apprêtait à désespérer, il vit non pas une, mais deux oasis en même temps. Une un peu sur la gauche et une un peu sur la droite. Il poussa un cri de joie qui transcrit en français s’apparenterait à Yarglaaaaaaa, quoique Zorgluuuuub rende mieux compte de certaines inflexions de haut-sanscrit dont notre moine adornait son langage.

desert-oasis-water-pool-v.jpgL’oasis de gauche était luxuriante, débordait de palmiers et de fleurs exotiques aux couleurs chatoyantes. Le parfum de fruits mûrs à point flattait la narine tandis que l’eau coulant dans des fontaines mauresques berçait l’oreille de son charmant clapotis.

L’oasis de droite, en revanche, frappait par le bruit mélodieux de ses fontaines andalouses qui se mêlait aux fragrances de fruits prêts à être cueillis. Partout on voyait des massifs de fleurs chamarrées se développant à l’ombre d’une profusion de palmiers verdoyants.


Notre moine se retrouva dans une situation qui lui faisait horreur : il devait choisir
une des deux oasis pour se désaltérer.

Il tourna la tête de droite et de gauche, puis de gauche à droite et de gauche à droite.


Las, il n’y avait pas l’échappatoire Bayrou qui lui avait permis de ne vexer personne à la dernière élection présidentielle, avec le brillant résultat qu’on sait.


Le moine sortit alors de son sac à dos les 35 volumes de l’Encyclopedia Britannica sans laquelle il ne ses déplaçait jamais et se mit à compulser les articles oasis, fleur, moine tibétain, choix, faim, soif, soleil, Bayrou, sanscrit, fontaines mauresques, Zorgluuuub, etc. en espérant trouver une réponse à son problème.


Il chercha bien longtemps.

(à suivre... je ne sais pas encore quand comment ça finira.)

Mercredi 19 septembre 2007
Vous l'ignoriez jusqu'à maintenant, mais en plus d'être spécialiste en vibroacoustique des matériaux visco-élastiques, je suis mécène.
 
Je mécénise la Société des Amis de Versailles. En plus d'une petite contribution (largement déduite de mes impôts) cette Société m'est redevable d'une baisse énorme de la moyenne d'âge de ses sociétaires. Grâce à mon inscription, l'âge moyen passe de 81,2 ans à 80,9 ans. Hélas rien ne se perd ni ne se crée : je fais chuter le pourcentage de sociétaires titrés ou pourvu d'une décoration.
 
Ma basse roture et la virginité de mon revers de veston n'ont pas empêché que je reçusse un carton d'invitation au vernissage de l'exposition "Cent ans, cent objets" qui met à l'honneur des objets d'art rachetés grâce aux largesses de la Société des Amis de Versailles, laquelle s'évertue à ce que des pièces aussi exceptionnelles que la commode de bibliothèque de Louis XVI ne finissent pas dans un ranch de parvenu texan ou chez un oligarque russe. (J'ai un contentieux personnel avec les oligarques russes.)  
 
Au milieu de titulaires de la légion d'honneur promotion 1947 et de marquises au bord du tombeau, j'ai ainsi découvert avec ravissement les fastes de cette exposition installée dans les appartements intérieurs de Louis XV et Louis XVI. Ces pièces à la fois intimes et splendides étaient éclairées de façon subtilement tamisée ; il n'y avait pas de touristes sud-coréens pour me marcher sur les pieds ; les objets exposés étaient de premier ordre, comme ce seau à glace de Mme de Pompadour ou la commode dont je me félicitais plus haut qu'elle n'orne pas la salle à manger de George Bush.
 
Le vernissage commençait très bien.
 
Et maintenant, ô céleste lecteur de mon blog, tu t'attends à ce qu'une grosse catastrophe survienne. Aurais-je par inadvertance écrasé un mégot dans le seau à glace de Mme de Pompadour ? Me serais-je assis par mégarde sur une vieille versaillaise vermoulue dont j'eusse ainsi précipité le trépas ? Me fussé-je mouché dans les rideaux cramoisis de la Salle à manger des Retours de Chasse ?
 
Pas du tout. Le vernissage finit aussi bien qu'il avait commencé.
 
Le parcours s'achevait dans le vestibule de marbre et la galerie basse. Un cocktail y était proposé, avec entre autres un excellent champagne servi à volonté et des petits fours de premier ordre, notamment des gougères dont j'ai bien dû boulotter une douzaine de douzaines. Vers les huit heures, alors que la masse parisienne s'engouait dans les bouchons et le métro, je sirotais mon champagne dans l'embrasure d'une grande porte-fenêtre donnant sur le parc. Avec l'ami très dévoué qui s'était sacrifié pour me tenir compagnie, nous évoquâmes la vanité de toute chose et le néant des richesses. Au loin le grand canal s'éteignait doucement dans un soupir argenté, et le parc s'embuait de cette mélancolie qui fait tout le charme du mois de septembre.
 
La vie est dure en général, mais là ça pouvait aller.
Dimanche 16 septembre 2007
J'aime le verre et les plaisirs vénitiens.
par Pierre H publié dans : Ecrire
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