Dieu a sagement agi
en plaçant la naissance avant la mort ; sans cela, que saurait-on de la vie ?
Alphonse Allais
Vous ne pouvez pas toucher à mon cerveau, c'est mon deuxième organe préféré !
Woody Allen
En ces temps de grève et de froid, une bonne histoire pour se remonter le moral :
C'est en hiver. Il est seul chez lui, dans la campagne du nivernais. Là-bas, tout
est terne, gris-ocre, même en été. En hiver c'est simplement gris. Il n'a pas de famille. Sa vie se résumait jusque-là à la télé, aux courses au Super-U le plus proche, à son chat. Mais son chat
a disparu depuis trois jours. Sa télé ne marche presque plus. Seule Arte fonctionne, et encore ça grésille. Faire les courses ? Avec la neige, c'est trop difficile. Ce n'est pas une de ces neiges
étincelantes qui transcendent le plus laid des paysages. C'est un immense manteau de clochard, gris, sale, une neige à moitié fondue et regelée, et qui semble avoir absorbé tout ce qu'il y avait
de dépressif à la surface de ce département en déclin. Pas de courses récentes, donc. Ce sont des conserves. Il mange une boîte de cassoulet froid, dans sa boîte. Le néon de la cuisine crachotte
une lumière de bloc opératoire. A la télé, un débat oppose François Fillon et Benoît XVI sur le thème rebattu de la mort et de la responsabilité dans les pièces tardives d'Ibsen. Demain sera
comme aujourd'hui. A la télé, on parle ensuite de grèves. En dessert, il s'offre un boudoir périmé trempé dans un café lyophilisé de mauvaise qualité. Il est dix heures. Il fait nuit depuis cinq
heures. Il va se coucher dans sa chambre glaciale - le fioul a tellement augmenté. Il dort d'un sommeil sans rêve.
par Pierre H
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Ecrire
Des faits, rien que des faits :
Une invitation dans un appartement du 8e arrondissement.
Un loft, dont la pièce maîtresse est un salon de musique faisant deux fois la taille de mon appartement. Quatre mètres sous plafond, verrières. Forcément, trois pianos dont un 3/4 Fazzioli avec un son à se taper la tête par terre contre les murs, un autre piano à queue, marqueté et de 1835, etc...
Champagne, avocats, hommes et femmes d'affaires, cantatrices chics et liftées.
Quelques réflexions piochées au hasard des conversations.
- Moi, tout ce que je touche, je le transforme en or ! Je suis comme Moïse devant qui s'écartent les flots de la Mer Rouge.
- Ca ne vous dit pas de venir avec moi passer Noël dans un palace en Tunisie ?
- J'ai décidé de monter un festival de musique, peut-être à Carthage, je ne sais pas encore...
Impression diffuse de ne pas être à ma place.
Une invitation dans un appartement du 8e arrondissement.
Un loft, dont la pièce maîtresse est un salon de musique faisant deux fois la taille de mon appartement. Quatre mètres sous plafond, verrières. Forcément, trois pianos dont un 3/4 Fazzioli avec un son à se taper la tête par terre contre les murs, un autre piano à queue, marqueté et de 1835, etc...
Champagne, avocats, hommes et femmes d'affaires, cantatrices chics et liftées.
Quelques réflexions piochées au hasard des conversations.
- Moi, tout ce que je touche, je le transforme en or ! Je suis comme Moïse devant qui s'écartent les flots de la Mer Rouge.
- Ca ne vous dit pas de venir avec moi passer Noël dans un palace en Tunisie ?
- J'ai décidé de monter un festival de musique, peut-être à Carthage, je ne sais pas encore...
Impression diffuse de ne pas être à ma place.
par Pierre H
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Les gens sont fous
Je viens de lire dans Le Monde que Dumbledore (le gentil chef sorcier de Poudlard, dans la série Harry Potter) était gay. Même que c'est son Créateur, Mme JK
Rowling, qui l'a sauvagement outé. On peut difficilement la réfuter.
Bientôt n'apprendra-t-on pas qu'Elisabeth II affectionne les séances SM ? Que Benoît XVI collectionne les Pokémon ? Que Chabal ne s'endort qu'avec ses Bisounours ?
Y'a plus de valeurs, que j'vous dis.
Bientôt n'apprendra-t-on pas qu'Elisabeth II affectionne les séances SM ? Que Benoît XVI collectionne les Pokémon ? Que Chabal ne s'endort qu'avec ses Bisounours ?
Y'a plus de valeurs, que j'vous dis.
par Pierre H
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Spiritualité
Je voudrais vous parler d'un livre absolument jouissif sur la variété française. Ce pamphlet-roman de Laurent Laurent s'appelle Tombeau
de la variété française et vient de paraître aux éditions Philippe Rey.
Bien sûr la variété française n'est pas enterrée comme ça, d'un coup ! Elle subit d'abord une longue et drôlatique dissection in vivo. De Johnny Halliday à Vincent Delerm en passant par Dalida, tout y passe... C'est à hurler de bonheur. Et tout ça est enlevé dans un style flamboyant, ce qui ne gache rien.
Un premier extrait :
Alexandrie Alexandra est sans nul doute une des chansons les plus stupides de tous les temps. Le titre : on envisagera, de même, Martini, Martina (en
Suisse), Capri Capra (chèvre ?) et Paris Para (en référence à l'OAS et ses parachutistes, attendus au tournant dans la capitale en 1961 par Michel Debré). Enfin Rosny Rona, de Rosny-sous-Bois -
je pense que Rona doit être un prénom féminin en Ontario - autant de concepts qui devraient bientôt convaincre les labels.
Chaque élément d'Alexandrie Alexandra semble procéder d'un projet d'ensemble savant, organisé par une équipe qui rassemble les meilleurs pour ce genre d'abêtissement. C'est un bijou qu'il convient de saluer avec précision. [...] Il n'est pas possible de citer quelque parole particulièrement plus imbécile que les autres. C'est un travail cohérent d'Etienne Roda-Gil, l'anarchiste catalan, et très compact à ce niveau. "Ah ahhhhh !" ou "Rahaaa ah" (selon les versions). [...] Une évidence éclate tout à coup dans le firmament. Alexandrie Alexandra se trouve très bien équilibré dans l'éloignement à toute qualité.
Et le reste est à l'avenant... constant dans la qualité et l'hilaritude.
Vincent Delerm, lui, n'a qu'à bien se tenir :
Concernant Vincent Delerm, peut-on chanter en ayant des renvois ? C'est ce qu'il nous démontre, grâce à un défaut de manducation qui engendre un effet de chandelles ascendantes (portamento) sur chaque note. Nous n'en sommes plus aux simples mâchouillements parisiens des syllabes que Jacques Higelin avait mis à la mode [...] Chez Vincent Delerm, nous avons un simple problème psychomoteur du maxilaire inférieur, un post-adolesent bouche molle. Voilà pour l'interprétation.
Il faut aussi une idée de paroles pour faire une chanson. Je l'avoue, Vincent Delerm arrive à bien nous décrire son monde. Mais c'est son monde, le problème. La vampirisation de toutes les valeurs bien-pensantes. Rien ne semble venir de l'auteur mais du ce-qu'il faut en penser dans sa catégorie socio-culturelle. Tout nous tombe sur les genoux.
Le seul apport original est l'effet "saut du lit", qui imprime à la coiffure la trace durable de l'oreiller avec la barbe naissante. Tout est là. Un concept majeur qui a bouleversé le monde de l'art de 2000 à 2005. [...]
Avec Vincent Delerm, nous nous retrouvons toujours un peu dans le bocage, un brin goguenard : peut-on chanter les bananes des étals des primeurs ? "Elles étaient là et, wouah, j'en ai mangé une, en 1973, je crooois."
J'ai des crampes aux abdos en recopiant cela (ça tombe bien, ils en ont besoin !).
Le roman se termine délicieusement par un "supplément" tragicomique se passant dans le restaurant "La Belle France", quatorzième au classement "Sympa'toques" en Basse-Savoie.
Bien sûr la variété française n'est pas enterrée comme ça, d'un coup ! Elle subit d'abord une longue et drôlatique dissection in vivo. De Johnny Halliday à Vincent Delerm en passant par Dalida, tout y passe... C'est à hurler de bonheur. Et tout ça est enlevé dans un style flamboyant, ce qui ne gache rien.
Un premier extrait :
Alexandrie Alexandra est sans nul doute une des chansons les plus stupides de tous les temps. Le titre : on envisagera, de même, Martini, Martina (en
Suisse), Capri Capra (chèvre ?) et Paris Para (en référence à l'OAS et ses parachutistes, attendus au tournant dans la capitale en 1961 par Michel Debré). Enfin Rosny Rona, de Rosny-sous-Bois -
je pense que Rona doit être un prénom féminin en Ontario - autant de concepts qui devraient bientôt convaincre les labels.Chaque élément d'Alexandrie Alexandra semble procéder d'un projet d'ensemble savant, organisé par une équipe qui rassemble les meilleurs pour ce genre d'abêtissement. C'est un bijou qu'il convient de saluer avec précision. [...] Il n'est pas possible de citer quelque parole particulièrement plus imbécile que les autres. C'est un travail cohérent d'Etienne Roda-Gil, l'anarchiste catalan, et très compact à ce niveau. "Ah ahhhhh !" ou "Rahaaa ah" (selon les versions). [...] Une évidence éclate tout à coup dans le firmament. Alexandrie Alexandra se trouve très bien équilibré dans l'éloignement à toute qualité.
Et le reste est à l'avenant... constant dans la qualité et l'hilaritude.
Vincent Delerm, lui, n'a qu'à bien se tenir :
Concernant Vincent Delerm, peut-on chanter en ayant des renvois ? C'est ce qu'il nous démontre, grâce à un défaut de manducation qui engendre un effet de chandelles ascendantes (portamento) sur chaque note. Nous n'en sommes plus aux simples mâchouillements parisiens des syllabes que Jacques Higelin avait mis à la mode [...] Chez Vincent Delerm, nous avons un simple problème psychomoteur du maxilaire inférieur, un post-adolesent bouche molle. Voilà pour l'interprétation.
Il faut aussi une idée de paroles pour faire une chanson. Je l'avoue, Vincent Delerm arrive à bien nous décrire son monde. Mais c'est son monde, le problème. La vampirisation de toutes les valeurs bien-pensantes. Rien ne semble venir de l'auteur mais du ce-qu'il faut en penser dans sa catégorie socio-culturelle. Tout nous tombe sur les genoux.
Le seul apport original est l'effet "saut du lit", qui imprime à la coiffure la trace durable de l'oreiller avec la barbe naissante. Tout est là. Un concept majeur qui a bouleversé le monde de l'art de 2000 à 2005. [...]
Avec Vincent Delerm, nous nous retrouvons toujours un peu dans le bocage, un brin goguenard : peut-on chanter les bananes des étals des primeurs ? "Elles étaient là et, wouah, j'en ai mangé une, en 1973, je crooois."
J'ai des crampes aux abdos en recopiant cela (ça tombe bien, ils en ont besoin !).
Le roman se termine délicieusement par un "supplément" tragicomique se passant dans le restaurant "La Belle France", quatorzième au classement "Sympa'toques" en Basse-Savoie.
par Pierre H
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Ecrire
- Pour moi, Le Roi Lion de Walt Disney est une historiette monarchiste, à la trame falote, accablée d'une tripotée de chansons dont les paroles sont fadasses et
l'arrangement musical un sirop aussi visqueux qu'insipide. L'interdire au moins de 99 ans serait de toute évidence une mesure de salut public.
Essayez de dire ça à vos collègues de travail. Vous verrez, c'est surprenant.
On vit vraiment dans une époque de consensus et de politiquement correct. Bon, c'est vrai, je n'ai pas mis de gants ; ils n'étaient pas prêts à voir assassiner aussi froidement une de leurs vaches sacrées (entre la poire et le fromage).
Je ne préconise pas de fusiller tous producteurs de merdes faussement artistiques et véritablement commerciales, simplement de leur faire subir le supplice du pal et une centaine de coups de fouet ; voyez, je suis conciliant.
Est-ce être un vieux réac que de dire qu'il y a de la bonne et de la mauvaise musique ? Des bons films et des navets ? Le mauvais goût et le bon goût ? Sans prétendre être le gardien du temple de celui-ci... la presse parisienne de gauche le fait tellement bien que je ne vais pas lui piquer ce boulot.
Essayez de dire ça à vos collègues de travail. Vous verrez, c'est surprenant.
On vit vraiment dans une époque de consensus et de politiquement correct. Bon, c'est vrai, je n'ai pas mis de gants ; ils n'étaient pas prêts à voir assassiner aussi froidement une de leurs vaches sacrées (entre la poire et le fromage).
Je ne préconise pas de fusiller tous producteurs de merdes faussement artistiques et véritablement commerciales, simplement de leur faire subir le supplice du pal et une centaine de coups de fouet ; voyez, je suis conciliant.
Est-ce être un vieux réac que de dire qu'il y a de la bonne et de la mauvaise musique ? Des bons films et des navets ? Le mauvais goût et le bon goût ? Sans prétendre être le gardien du temple de celui-ci... la presse parisienne de gauche le fait tellement bien que je ne vais pas lui piquer ce boulot.
Arf.
par Pierre H
publié dans :
Les gens sont fous
Le Blog de Pierre